Danseuse de formation, chorégraphe et artiste visuelle, Maria Ribot a contribué au développement de la nouvelle danse en Espagne dès le milieu des années 80.
En 1991, sous le nom de La Ribot, l’artiste madrilène engage son travail dans une nouvelle voie, en créant des œuvres scéniques au statut mouvant, entre spectacle, performance et vidéo.
Humour et excentricité caractérisent son propos qui couvre un large champ artistique et questionne l’économie du spectacle, le marché de l’art comme la fonction de l’artiste ou l’actualité. La Ribot expose et interroge le regard à partir du corps, de l’espace, de l’image et du mouvement.
Installée à Londres entre 1997 et 2004, elle se produit essentiellement en solo et donne à son ’projet distingué’, une amplitude singulière qui lui vaudra d’être nominée au Prix Paul Hamlyn Foundation Award pour les arts plastiques en 1998, l’obtention du Prix national de danse du ministère de la culture espagnole en 2000 et de présenter Panoramix, – méta-performance qui réunit l’ensemble des ’pièces distinguées’ – à la Tate Modern de Londres en 2003.
Ses pièces aux formats courts – de 30’ à 7mn dans les trois séries ’distinguées’ – ou longues – de 4h à 8h dans Laughing Hole – privilégient le jeu et les associations incongrues. Statut inusité des mots, des objets, des corps, recours à la nudité, extrême sobriété ou vibration des couleurs, font partie de ce travail conceptuel. Dans les œuvres de La Ribot, le corps s’expose, comme dans 40 espontáneos, en tant que sujet pensé et matière vivante.
Installée à Genève depuis 2004, elle a enseigné à la HEAD, (Haute Ecole d’Art et de Design de Genève) et poursuit ses recherches sur différents médiums.
Après avoir donné à son parcours un rayonnement international, La Ribot ouvre son travail à d’autres formes de rencontres artistiques, au sein même de ses oeuvres, comme dans Gustavia, spectacle créé en 2008 et cosigné avec la chorégraphe française Mathilde Monnier ou dans une pièce vidéo réalisée avec la danseuse Cristina Hoyos pour In_ter_va_lo, cycle d’art contemporain et flamenco.
© Carole Parodi